Le baobab et la cuisine
Les feuilles sont récoltées en juin, peu après leur épanouissement, elles sont bouillies et servies comme des épinards. Elles peuvent aussi être séchées au soleil, réduites en poudre et conservées d’une année sur l’autre. Cette poudre (lalo) est incorporée aux céréales (à la farine de mil ou dans les suces pour la préparation de couscous). Les feuilles sont riches en calcium, en fer, en protéines et en lipides.
Les graines contiennent de l’huile alimentaire et sont utilisées à l’occasion de certaines fêtes au Sénégal après des préparations diverses: torréfaction, trempage, fermentation. Elles sont grillées pendant les périodes de famines.
Le fruit est trempé dans l’eau pour séparer la pulpe des fibres et des graines. La pulpe est utilisée pour confectionner des bouillies pour les enfants, mélangées avec du mil et de la pâte d’arachide, elle permet de préparer le « ngalakh », plat du vendredi saint chez les catholiques.
Elle sert également pour le caillage du lait chez les bergers. Enfin, parfumée à la fleur d’oranger ou à la muscade, elle est utilisée pour la fabrication de boissons rafraîchissantes ou de crèmes glacées.
La racine des jeunes plants est quelquefois consommée cuite par les enfants, et les jeunes plants eux-mêmes comme des asperges.
En brousse, cette consommation des éléments de cet arbre providentiel est souvent une nécessité, mais en ville, ces mêmes produits sont recherchés par les ménagères.
En pays Bassari, le fruit est aussi un met de choix pour le génie Xwety-Omak: « Ce génie est un géant efflanqué se déplaçant uniquement la nuit. Grand amateur de pain de singe, il se tient debout sous les baobabs pour cueillir directement les fruits. Sa récolte faite, il la charge sur ses épaules et s’éloigne en croquant les graines. C’est alors que les villageois entendent sa marche rythmée par l’entrechoc des coquilles ensachées. Tout en cheminant, Xwety-Omak pratique un petit trou à l’extrémité de chaque fruit dont il aspire le contenu. A son image, les enfants percent les pains de singes, y versant de l’eau qu’ils boivent ensuite, mais jamais, ils ne réussissent comme lui à vider complètement le fruit de ses graines solidement fixée à l’intérieur. Xwety-Omak se désintéresse des affaires humaine. Il mène une existence solitaire et ne réclame aucune âme en échange de l’exclusivité de sa nourriture ».

